Un week-end en Indian FTR 1200 S

En septembre 2018, j’avais pu découvrir la FTR 1200 S de chez Indian Motorcycles, au salon du 2 roues à Paris. Je m’étais empressé de monter dessus pour tester la position. À cette époque, elle m’avait déjà tapé dans l’œil. C’est une moto qui s’inspire de la FTR 750 des courses Flattrack. Rich Christoph, Indian Motorcycle Senior Designer, l’a déclinée en deux versions : FTR 1200 et FTR 1200 S. L’idée était de reprendre les bases de la 750 avec le cadre treillis, le bras oscillant et la transmission par chaîne. Elles ont toutes deux un V-Twin de 1203 cm³ qui délivre 123 Cv et un couple de 120 Nm. La FTR 1200 S est le modèle haut de gamme. Allez, suite à cette visite de l’automne dernier, je vous emmène dans le futur. Un futur de onze mois. C’est-à-dire pas plus tard que la semaine dernière, afin de vous faire une revue des plus complètes de cette superbe machine.

Le samedi 3 août 2019, la concession Indian de Pontault-Combault qui gère aussi le parc-presse de la marque, m’a mis à disposition pour le week-end à leur agence de Paris-Bastille, une FTR 1200 S Race Replica, équipée de silencieux bas Akrapovic.

Rendez-vous pris, le commercial m’a chaleureusement reçu. De suite, en sa compagnie, nous avons fait le tour du véhicule pour qu’il m’explique le fonctionnement de l’écran LCD tactile 4.3 pouces. Mécanisme assez intuitif mais c’est toujours mieux, selon moi, d’avoir une présentation effectuée par un professionnel.

L’écran se manipule soit avec les boutons des commodos, soit du doigt, avec ou sans gants. Au contact de la clef, le logo Indian FTR apparaît. Ensuite, ça mouline léger puis les informations s’affichent.

Il y a deux types d’affichages, avec plus ou moins d’informations. D’abord : Vitesse, compte-tours, autonomie d’essence, boussole, compteur aux multiples itinéraires, rapport engagé, l’heure, température extérieure et celle du moteur.

Puis, en appuyant sur le bouton du centre, sur la gauche de l’écran LCD, ou encore sur le commodo de droite, on trouve un menu avec les différentes possibilités de conduite : pluie,standard et sport. Il y a même un mode “piste“ supplémentaire, qui permet de désactiver l’ABS, l’anti-patinage et l’anti-Wheeling. Sur ledit écran, on peut gérer son téléphone et de la musique si c’est connecté à un Smartphone et à l’audio d’un casque. On peut également changer le mode de conduite en roulant.

Dans paramètre, on accède aux réglages comme avec le thème de l’écran. En mode “auto“, ça donne jour (fond blanc) ou nuit (fond noir). Même avec le soleil qui tape sur l’écran, ça reste bien lisible que ce soit en blanc ou en noir. Pour ma part, j’ai laissé sur Auto.

Nous avons passé en revue le régulateur de vitesse, l’éclairage, warnings et clignotants. Point de poignées chauffantes sur cette moto et il me semble qu’elles ne sont pas disponible en options. Il y a une prise USB à la gauche de l’écran. Avec un support Quad Lock muni d’un câble de 10/15 cm —facilement trouvable sur Amazon —, ça reste discret.

Après toutes ces explications, j’ai enfourché la moto, appuyé sur Start puis le son des Akrapovic, s’est éveillé. Juste magnifique. Une bonne petite sonorité comme je les aime, sans pour autant que ce soit trop fort. J’ai remercié le commercial pour son excellent accueil, l’ai salué, passé la première et suis parti découvrir cette Indian FTR 1200 S.

J’avais décidé de faire un tour dans Paris, avant de bouger en région parisienne afin de profiter des petites routes. Je suis allé vers le canal St-Martin accompagné d’un peu de circulation. Ma première impression était pour la maniabilité de la moto. Le freinage en ville est très correct. La FTR 1200 S est équipée d’un double disque de 320 mn avec étrier Brembo 4 pistons ; c’était donc logique que ça freine, avec, en plus, une fourche dimensionnée pour. Ainsi, je roulais en mode “standard“. Le temps de prendre mes repères et doser le freinage.

Je suis allé vers Chatelet puis Montorgueil, ensuite Place Vendôme, pour aller m’arrêter quelques encablures plus loin et prendre quelques photos sur la Place de la Concorde. Ça n’a pas été simple à cette heure-là pour faire des photos, sans se retrouver avec des voitures en arrière-plan. Cette place, comme tout parisien le sait, est pavée comme les Champs-Elysées. Je l’ai remontée jusqu’au Grand Palais pour tourner à gauche et passer sur le Pont Alexandre 3. Une visite de Paris par les beaux quartiers. Ça m’a permis de voir que les amortisseurs faisaient bien leur boulot sur ce genre de revêtement. Ces derniers sont réglables à l’avant comme à l’arrière. Pour ma part je n’ai rien touché, j’ai laissé tel quel. J’ai continué ma route dans la capitale et suis passé devant la Tour Eiffel. Il n’y a pas à dire, cette moto fait tourner les têtes. Plusieurs fois, des pouces se sont levés à mon passage. Puis direction Bois de Boulogne pour remonter la N118. Là, je suis passé en mode sport. La première partie et ses routes viroleuses me donnait un léger aperçu de ce qui m’attendrait plus tard dans la campagne. Je commençais à m’éclater dans les inclinaisons. Il y a une différence notable avec ce mode, ça envoie quand même un peu plus. Ça ne change rien à l’ABS, juste la cartographie moteur et l’anti-patinage qui s’adaptent.

Une fois au pic de la N118, au niveau de Meudon, je me suis calé sur la vitesse autorisée. La moto est stable mais comme elle n’a aucune protection, le vent claquait sur mon corps. Mais ce n’était pas gênant vu mon allure. J’en ai profité pour tester le régulateur de vitesse. Il suffit d’appuyer sur le bouton du commodo gauche et ajuster + ou – selon la vitesse souhaitée. C’est très simple d’utilisation et pratique sur les longs trajets. Les deux rétroviseurs ne sont vraiment pas discrets, mais procurent une visibilité parfaite. Il n’y a pas besoin de baisser son coude pour y voir derrière.

Je suis rentré chez moi me changer, puis suis reparti en direction d’un petit chemin de terre que je connais bien, afin de tester le mode piste. Ce mode  permet de désactiver l’ABS et l’anti-patinage. J’ai joué Off Road pendant 20 minutes, avec aussi le temps d’effectuer quelques photos et continuer à m’amuser un peu.

Pour être plus à l’aise debout sur les repose-pieds, comme là, (voir photo) dans ce Off Road léger, un guidon légèrement plus haut, genre un Pro Taper, pourrait être une solution. J’y rajouterai des pneus Continental TKC80, un échappement haut, ce qui donnerait à cette FTR plus qu’un bon look scrambler. C’est vrai aussi que cette moto est à l’aise avec les pneus Dunlop DT03 sur ce genre de terrain. Pour ma part, je l’étais un peu moins. Une ancienne chute m’a de suite rappelé qu’il fallait que je sois raisonnable avec cette moto. Là, j’ai continué en traversant des champs sillonnés de chemins par les tracteurs puis je suis reparti sur le goudron dès que j’en ai eu l’occasion.

Plus tard, je suis de nouveau passé à mon garage pour me changer. Besoin d’un autre style. Vous, mes lecteurs fidèles, commencez à connaître ma façon de fonctionner. Après, je suis retourné me balader pour un laps de temps supplémentaire. Je voulais vraiment tirer sur la corde du kiff. J’ai remis le mode sport et exploité au max, ces routes que je connais bien avec des petites accélérations et des freinages maison. C’est vraiment top une moto qui réagit au millimètre.  Je me suis fait grave plaisir, accompagné du désir croissant à piloter cette Indian.

La journée terminée, je me suis dirigé vers une station-service pour remettre du carburant. Il faut être assez attentif quand on fait le plein car le réservoir est sous la selle. Je conseille d’être côté gauche de la moto pour que le pistolet intègre bien le réservoir. Il faut y aller mollo, autrement, on en fout partout. J’avoue que cet aspect n’est pas pratique. Le réservoir de 13 litres, est selon moi sous la selle pour abaisser le centre de gravité.

Le lendemain j’ai bougé à 9h00 direction la Vallée de Chevreuse, me faufilant entre les cyclistes du dimanche matin. L’écran m’affichait 119 kms d’autonomie. Je trouvais ça faible pour 13 litres. C’était en fait dû à un problème d’affichage car après avoir refait le plein en fin de matinée, j’avais 189 kms d’indiqués. C’était plus cohérent.

J’ai mon propre parcours quand j’essaye des motos. Celui vers St Aubin puis Magny-les-Hameaux. Vu que la FTR faisait un peu de boucan, de plus, nous étions dimanche matin et que certains feux jouxtant les habitations étaient assez longs, j’ai donc décidé de couper le moteur. Un cycliste a même cru que j’avais une bécane électrique. A un autre feu tricolore, une dame qui ouvrait ses volets m’a demandé si je n’étais pas en panne. J’ai  répondu : « Non chère madame, c’est pour ne pas faire de bruit en attendant que le feu passe au vert ». La dame était scotchée de ma réponse et de mon attitude avenante. Comme si toutes ces choses immatérielles, les bonnes manières, la politesse, avaient disparu avec… Bref. Tout ça pour dire que les gens qui habitent dans la Vallée de Chevreuse en ont plus que marre du barouf des motos. Je trouve pour ma part nullement nécessaire de jouer avec l’accélérateur au feu rouge, quand on est entre potes ou en groupe. Couper le moteur si le feu est long est une forme de civisme. Ainsi qu’ouvrir légèrement les gaz et rester dans les limites du Code de la route aux abords des champs et de la forêt. Je pense qu’il faut être respectueux des citoyens qui vivent dans les petits villages, et qui se font traverser leur bourg par plus de 400 motos/jour lors des weekends ensoleillés.

Ceci étant dit, revenons à cette Indian qui m’a vraiment fait triper sur ces petites routes aux virages incessants. Une bécane hyper maniable. Je ne sais pas si c’est la jante de 19 à l’avant et celle de 18 à l’arrière ainsi que son angle de chasse qui donnent ça, mais j’avoue qu’elle se manie tel un vélo. La position de conduite est légèrement avancée, ce qui n’est pas désagréable. Le son des Akrapovic est superbissime. Par contre, ce qui était un peu chiant à mon sens, c’était les retours de gaz bien trop fréquents. Ensuite, à force de m’arrêter pour prendre des photos, j’ai pu manipuler la béquille bon nombre de fois. Là, il faut dire qu’elle n’est pas pratique surtout à déplier. L’éclairage full LED donne une signature de bonne facture, ça éclaire très bien et s’avère encore plus visible de jour. En même temps, de la part du LED, c’est un peu ce qu’on lui demande

J’ai descendu la route des 17 tournants de Dampierre puis je me suis arrêté pour prendre mon café. C’est un rituel. Il me faut toujours ma pause-café avec verre d’eau le matin. Je suis reparti direction les Vaux de Cernay. Un tracé où ils ont refait le goudron qui ressemble à une piste. Non, c’est juste une piste en fait. Là, il fallait être raisonnable et être vigilants envers les vélos. Fort heureusement, à la vitesse où j’allais, plus mes angles dans les virages, les pneus ne m’ont pas causé de mauvaises surprises. À un moment, j’ai ressenti un comportement bizarre de la machine lorsque j’étais en 6ème et que je rétrogradais. Une sorte d’accélération quand je descendais les rapports. Du coup, j’ai été obligé d’embrayer. Une sensation très étrange due à la poignée Ride by Wire.

Ce qui pour la suite, m’a fait redoubler de prudence. Ce truc bizarre m’est arrivé quatre fois dans le weekend. Il y aura d’ailleurs prochainement une MAJ de la cartographie qui devrait solutionner ce phénomène.

Encore plus tard, sur une petite route fermée, j’étais en mode piste. J’ai mis la patate assez fort histoire de lever la roue avant. Bon, c’est clair que ça se lève. Ce qui signifie qu’en temps normal l’anti-wheeling doit bien fonctionner. Je suis ensuite repassé en mode sport pour continuer ma route. Je n’ai plus mes 20 ans, et ce genre de conduite ne m’intéresse plus. De plus, ce jour-là, je ne maîtrisais pas, donc je n’y ai décelé aucun intérêt.

À ce moment précis de l’essai, je commençais à être plus qu’à l’aise avec cette Indian. Je prenais du plaisir qui grandissait crescendo au fur et à mesure que j’enchaînais les kilomètres. Mais, le kiff, comme toutes choses, à une fin. Il était temps pour moi de rentrer car j’avais prévu d’aller sur Paris l’après-midi. J’avais un début de douleurs au fessier. La selle n’est pas très confortable. Un phénomène qui se sent dès les premiers kilomètres et s’accentue par la suite.

Une fois sur Paname, finalement, je n’ai pris aucun plaisir. Dû à la chaleur. Il faisait 33°C. Le moteur chauffait grave au niveau de l’entre jambes ; sensation bien entendu très chiante. Le matin, dans la campagne, je sentais la chaleur mais pas au point que ce soit désagréable. L’après-midi, il était prévu d’essayer cette FTR 1200 S en duo. Or, ma femme n’étant pas très bécane, a décliné ma proposition. Je ne pourrai donc pas vous faire un retour concernant ce point. Par contre, ce que j’ai noté, c’est qu’un passager peut facilement s’agripper sur les côtés.

Conclusion, ça faisait longtemps qu’une moto — hormis la R1250GS — ne m’avait pas autant intéressé. Au point même de jeter un œil sur les accessoires, pour la rendre encore plus unique dans mon esprit. J’ai essayé d’imaginer une FTR 1200 S avec ma touche perso. Je me suis posé la question suivante concernant les jantes : faut-il garder celles à bâtons comme sur la FTR750 ou y mettre des jantes à rayons ?

Idem pour les pneus. Je sais qu’il existe — concernant les dimensions 120/70R19 av et 150/70 R18 ar (identique au Sportster Roadster) —, des gommes intéressantes qui se marieraient bien avec cette moto. Comme par exemple les Continental TKC70, les Metzeler Karoo Street, les Avon Trailrider, ou encore les Pirelli Scorpion STR, mais, à défaut, pas les MT60RS.

À mon avis, cette moto à de base tout ce qu’il lui faut, pour la transformer en une machine très sympa. Sinon, dans le même esprit, même si l’esthétique est quelque peu différente, on peut trouver sa concurrente directe avec la BMW R nineT — comme la mienne —, ou bien encore la Scrambler de la même marque. Chez Harley-Davidson, c’est pour moi le Sportster Roadster qui lui tient tête. Mais la XR1200 est un exemple plus concret, fallait-il encore que cette dernière soit toujours dispo’ au catalogue. Chez Ducati, je pense à la Scrambler 1100. Enfin, chez Triumph, me viennent à l’esprit, la Thruxton R et le Scrambler 1200 XE.

J’ai dû rendre la belle Indian le lundi 5 août. J’ai alors pris l’autoroute A6 avec le régulateur de vitesse enclenché. Une fois sur le périph’, comme d’habitude, j’étais sur mes gardes, puis suis rentré dans la capitale direction Bastille et le concessionnaire de la marque américaine. Verdict : j’ai été très emballé par cette moto et vous conseille vivement d’aller l’essayer, afin d’en faire votre propre expérience, votre propre idée. C’était ma toute première fois sur une Indian et suis ravi d’avoir débuté par ce modèle. J’espère vous avoir aiguillés du mieux possible à l’intérieur de cette lecture. Avec ce test de l’Indian FTR 1200 S Race Replica. Vram ! Vram ! Et ses pots Akrapovic.

Prix du modèle essayé : 17290€

www.indianmotorcycle.fr/ftr-1200-family/ftr-1200-s/

Indian Paris Bastille – 7 Boulevard Beaumarchais, 75004 Paris

Travail éditorial : Olivier Cappaert, merci mon ami.

 

 

 

This article has 17 Comments

  1. Bon test très complet 👌pour le passager sur les qq. photos en duo qui traînent sur insta j’ai un doute sur le confort 😉 belle moto très belle impressionnante.

    1. Bonjour David, J’ai déjà une R nineT donc je te confirme que je me pose déjà la question mais je n’ai pas encore la réponse. Tu peux voir ma BMW sur mon Instagram ou dans différents articles sur le site. Laurent

  2. Bonjour Laurent
    Sans vilain jeux de mots je vois que sur certaines photos cette moto envoie du bois !!
    Article intéressant et comme toujours de belles photos

  3. Salut Laurent,

    Je te suis depuis lgt, je t’avais même écrit au sujet d’une iron sur FB,

    les continental TK70 fonctionne pour une harley roadster? Il font plus gros que les origines?

    Car je voudrais donner un gros look un peu bobber à mon harley

    Tu aurais un préparateur à conseiller en IDF? surtout pour peinture reservoir 🙂

    Bien à toi

    1. Bonjour, ça doit être montable. Je n’ai pas vu à ce jour de préparation avec des TKC70 sur un Roadster. ça peut vite faire plus scrambler que bobber. Faire un bobber avec un roadster ne doit pas être simple, je serai curieux de voir le résultat. Quand je cherche ce qui a déjà été faire sur un Sportster soit, je passe du temps sur Instagram soit je regarde les BOTK tout en sachant que ce n’est jamais exceptionnel. https://customkings.harley-davidson.com/fr_FR/
      Pour répondre à ta question sur un préparateur ou peinture. cela dépend si c’est uni ou avec un design particulier. Pour ce qui est du préparateur, je sèche un peu, en IDF sur Sportster, ce n’est pas si simple à trouver. Pareil tout dépends du type de préparation. Si c’est juste de l’accessoire ou de la découpe, soudure etc… Laurent

      1. MErci beaucoup,

        Je fais une prepa Brat/scrambler je t’enverrai des photos ensuite tu me diras ce que tu en penses 🙂
        Merci pour ton temps, je la fais préparer par AndreaKobenmotorcycle il font de petit bijou 🙂

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