Rencontre avec Mr S Motorcycles à Paris

Bonjour Bertrand. Peux-tu te présenter rapidement?

Je ne suis pas très doué pour parler de moi, disons que j’ai passé la cinquantaine il y a quelque temps déjà. A la fois Parisien dans l’âme et Gascon par les attaches et le coeur. J’aime le beau sous toutes ses formes, et suis un épicurien incorrigible. J’ai voulu que tout cela se traduise dans mon shop, que nous avons réalisé ensemble avec mon pote archi, Jean-François Perez.


Première question qui me vient à l’esprit, pourquoi Mr S Motorcycles?

Mister S, comme l’initiale de mon nom de famille. La passion de la moto est une vieille histoire que je partage avec mon père et mon grand-père. Ce dernier, qui a fait un nombre incalculable de métiers, était un passionné de motos. Il était capable dans les années 30 de rentrer chez un concessionnaire avenue de la Grande Armée à Paris, d’acheter une moto sur un coup de tête, et rentrer par la route chez lui dans les Landes. Donc le S est le mien, et celui d’une longue lignée de passionnés de mécanique.


Comment est venu l’idée du logo du shop?
Comme toute l’histoire de ce projet, c’est une accumulation de contribution de potes et de belles rencontres. Ce logo, je le dois à un ami graphiste de grands talents, Ben Wrobel, qui l’a imaginé, me connaissant bien, et ayant parfaitement compris l’essence de Mr S : de l’histoire (plutôt que du vintage sorti de nulle part), de l’élégance, et, petit clin d’oeil, un cigare qui est une autre de mes passions. L’ensemble dégage pour moi une image rétro et chic, qui est exactement l’essence du shop.

Comment en vient on a créer son propre magasin?

Quand on a bossé pendant 30 ans dans des multinationales (surtout dans l’automobile), il y a un moment où on finit par se demander pourquoi est-ce que l’on court. Et quand on a de plus en plus de mal à répondre à la question, on se dit qu’il est temps de se remettre en cause, de revenir à ce qui te fait vibrer. Du coup, après avoir vu à l’occasion de différents voyages que le monde de la moto s’accompagnait d’un univers aussi féminin que masculin, et ne pouvait pas se limiter à des accessoires purement dédiés, j’ai commencé à réfléchir à un concept plus large, qui serait un lieu de vie, avec un coffee shop, un barbier. Il devait proposer également une offre de produits lifestyle, que l’on peut porter au quotidien et à moto. Ce qui n’empêche bien entendu pas de présenter également des accessoires moto sourcés avec soin.


J’imagine que par rapport au quartier connu pour ses concessionnaires motos et boutiques équipement du pilote, il a fallu faire des choix et apporté des nouvelles marques. Comment as-tu procédé?

Si j’ai choisi le 29 de la Rue Amelot, c’est que je tenais absolument à 2 pôles bien particuliers : celui de la moto, et celui des quartiers vivants. Et ainsi, après plusieurs mois de recherche entre le 10 ème et le 11 ème arrondissement de Paris, ce lieu m’est apparu comme une évidence. Pour ce qui est des marques, il était bien évidemment exclu de travailler avec des marques qui étaient distribuées au coin de la rue par des magasins déjà établis depuis longtemps. Il a donc fallu trouver de belles marques, peu ou pas connues, de qualité, et avec qui on pourrait établir une relation de partenariat voire d’exclusivité pour certaines. C’est là que ton blog a joué un vrai rôle tant le soin que tu as de faire découvrir de nouveaux produits y est important.


Comment as-tu été accueilli par les anciens du quartier? Je ne pense pas une concurrence mais une offre complémentaire.

C’est exactement ça. Une offre complémentaire. J’étais déjà client à titre personnel de beaucoup de commerces du quartier, donc je connaissais déjà certains de mes collègues. L’accueil a été très rapidement chaleureux lorsqu’ils se sont rendu compte que nous évoluions sur des univers et des typologies de clientèles différentes.


On retrouve dans le magasin un univers assez vintage avec du mobilier d’époque ou simplement d’apparence? Pourquoi ce choix?

C’est loin d’être une apparence en fait. La quasi-intégralité des meubles et toute la déco proviennent du garage de mon grand-père. On y retrouve pêle-mêle son bureau, le meuble qui servait au rangement des petites pièces détachées, des plaques émaillées de produits qu’il distribuait, des plans de moteur ou de boîte de bécanes qu’il avait juste après la guerre. Bref, un environnement d’époque, déplacé dans le temps et restauré avec passion par des artisans de qualité.

 –
 –

Dans le magasin, il y a des motos en exposition, sont elles à vendre? Changeront-elles régulièrement?

Oui, outre la Gnome et Rhône CV2 500 (réplique de celle du grand-père, prêtée par un ami attentionné) de 1935, les autres motos sont à vendre. L’idée est de faire de ce shop aussi un lieu de présentation du travail de préparateurs de qualité, et potes de surcroit ! Nous avons actuellement un aperçu de ce qui se fait, entre un bobber, un scrambler et un café racer. Les préparateurs actuellement présentés sont reconnus tant par leur créativité que la qualité de leur travail : Dauphine Lamarck et OLLI. C’est loin d’être limitatif, et tous sont les bienvenus, dans la limite de la surface du shop !

 –

Quelles marques peut-on trouver dans ton magasin?

Angry Lane est une marque créée par les Frères Barras, deux Français installés à Honk-Kong qui font des préparations sublimes au 17 ème étages de leur tour, dans leur appartement. Ils conçoivent également des cuirs magnifiques, en utilisant des peaux françaises au tannage naturel. Je les représente également au travers de leur marque de jeans Black Needle réalisés dans des selvedge japonais. Toujours dans l’univers des jeans et des vêtements casual, je distribue également les très beaux produits de la marque Edwin connue surtout pour ses selvedge japonais, mais qui propose également une gamme vraiment sympa pour le quotidien. Encore dans le registre de l’exclusivité, je propose également les casques incroyables de Rude Riders, une petite marque italiano/californienne très exclusive, et  également une sélection de leur T-shirts.

Dans l’univers de la moto, outre les casques Rude Riders, je présente également les casques DMD pour leur look et leur technicité, les cuirs Roland Sands en blousons et en gants, et les gants Five à la fois élégants, techniques et homologués CE. Enfin, les vestes en coton waxé Merlin Bike Gear sont à l’honneur. Cette belle marque présente des produits élégants, techniques (imperméables et coqués) et efficaces.
Il est à noter un point essentiel : j’ai souhaité dans la mesure du possible que tous les produits soient présents pour hommes et pour femmes. Cette partie croissante de la clientèle est tout aussi passionnée et à la recherche de produits sympas, pas toujours évidents à trouver quand on est une motarde.
 –
 –
As-tu une exclusivité avec une marque?

Peut-on encore parler d’exclusivité aujourd’hui avec l’importance des ventes en ligne ? Mon site mrs-motorcycles.com sera opérationnel dans quelques jours, et on y retrouvera tous les produits présents au shop. Pour l’instant, les produits Angry Lane et Rude Riders sont en exclusivité.


Peux me parler du coin café. Qu’y proposes-Tu? Un lieu de rencontre et d’échange?

Ah le coin café ! Une autre de mes passions. Comme pour tout le reste de ce que je présente, j’ai voulu trouver le meilleur. Je pense sincèrement y être arrivé avec mon partenaire Coutume Café. Cette équipe aussi sympa que professionnelle m’a accompagné pour offrir un café d’exception. Pour vous donner une idée de leur niveau, ils ont gagné le week-end dernier le championnat de France des torréfacteurs, et un de leurs collaborateurs a gagné celui des barristas. Je propose actuellement un Demissié Edema, un café naturel éthiopien récolté sur les hauts plateaux et à l’arôme incroyablement riche. Il est accompagné de cookies ou de financiers de la fameuse pâtissière de Coutume café.

Bien évidemment l’happy hour n’est pas en reste. Que serait un(e) motard(e) sans ses potes ? Et bien entendu le tandem bière artisanale / super saucisson est présent !

 –
 –
 –

Je confirme, le café est vraiment délicieux. Je vois aussi un coin barbier, y aura-t-il un barbier résident ou au contraire, il sera sur une période?

Je suis un fervent défenseur de la relation client, non pas dans le sens purement marketing, mais surtout de l’échange sur le long terme. Donc je suis davantage sur la recherche d’un ou d’une barbier(e) résident avec qui nous pourrons construire ensemble un service client de qualité.

D’ailleurs le célèbre barber X wild se fera un plaisir de vous tailler la barbe la semaine du 15 au 20 mai.

Qu’elle sera l’évolution de ce shop quand il tournera bien. As-tu déjà des idées?

Bien sûr les idées ne manquent pas. Disons que je vais d’abord stabiliser ce premier shop, que je porte beaucoup sur mon engagement personnel, et qu’ensuite, pourquoi pas, j’aimerais étendre à mon Sud-Ouest natal et pourquoi pas ailleurs en Europe. Mais pour l’instant l’intégralité de l’énergie est consacré sur la réussite de ce shop. Et crois-moi, ça en réclame un paquet !


Est-ce que Mr S Motorcycles sera un lieu où il y aura des soirées de lancement de produits?

Oui, bien sûr. C’est un lieu d’échanges et de partage. Donc toutes les occasions de le faire vivre sont bonnes, et les présentations de produits sont d’excellentes opportunités.

 

D’ailleurs, y a-t-il une soirée d’inauguration?

J’y travaille, il y aura certainement une fête, avant ou après l’été. je te tendrai bien évidemment au courant. D’ici là, je fais une présentation privée réservée aux médias le 18 mai prochain.

Ton rapport avec la moto. Sur quoi roules tu actuellement ?

J’aime les grosses motos. Je roule actuellement sur une Triumph Rocket III. J’ai aussi une BMW R1150 GS qui a pris sa retraite dans ma maison des Landes.

 

Sur quelle moto as-tu commencé? Quelles ont été tes motos?

J’ai commencé sur un vespa 125 de 1956, qui était celui de mon père, que j’ai retapé quand j’étais gamin. Quand je te dis que c’est une histoire de famille ! Puis une Harley-Davidson Sportster 883, une Triumph Daytona, une Honda Goldwing, une Harley-Davidson V-Rod, une BMW R1150 GS et la Rocket III. Voilà rapidement résumé 40 ans de motos. J’ai tendance à les garder longtemps. Que veux-tu, je m’attache !

Quelle moto te fait rêver?

Toutes celles que je n’ai pas eues !!! Je ne suis juste pas très fan des super sportives, du fait de mon gabarit : 1m90 et 100kg ne font pas très bon ménage avec les motos de GP.

Souhaites-tu remercier des gens qui  t’ont aidé dans cette formidable aventure?

La liste est longue, tant j’ai rencontré un accueil chaleureux tout au long de la mise en place de ce projet. Ma femme, Natacha, la première qui a été présente tout au long de cette belle histoire et qui a été d’un incroyable soutien, la famille et mon vieux pote d’enfance Guillaume Genin. J’ai eu un incroyable soutien de la CCI de Paris qui a été très pro et incroyablement efficace dans le parcours du combattant qu’est la création d’un projet ex nihilo. On a au début un peu l’impression d’attaquer l’Himalaya en tongs ! Pour la partie restauration, une aide formidable de CHR consulting et son président Florian Poirson, et de Coutume Café également dans ce registre. Et puis, sans flagornerie aucune, la tienne ! Tu as eu l’incroyable gentillesse de m’écouter dans ce projet, de m’ouvrir en grand ton carnet d’adresses, et ça je t’en suis très reconnaissant.

 Merci Bertrand d’avoir pris le temps de répondre à mes questions.
Quelques infos pratiques pour ceux qui veulent savoir plus :
Mr S Motorcycles
29 rue Amelot
75011 Paris
Ouvert du lundi au samedi de 9:00 à 20:00
T  : +33 1 55 28 52 24

http://facebook.com/mistersmotorcycles
Instagram : mrsmotorcycles

This article has 6 Comments

  1. Super sympa les remerciements aux équipes de la Chambre de commerce de Paris. On oublie trop souvent l’aide quotidienne qu’elles apportent aux créateurs d’entreprises.

  2. Felicitations Bertrand! Quelle joie de te revoir comme Mr. S Motorcycles a Paris!
    Kristin arrivera sur son Ducati – elle y a travaille pour cinq ans a Bologna! Moi, je n’ai qu’un velos!
    Brava! Kitsie La soeurette de ta Maman!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *