Rencontre avec Greg de Flibustier Paris

Nous allons parler aujourd’hui de la marque Flibustier Paris qui a déjà fait l’objet d’un article sur le blog.  en 2015. Cette fois-ci, c’est Greg ANNONI qui va répondre à mes questions.

Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Greg et je suis le créateur de Flibustier Paris. Je gère essentiellement la partie direction artistique et la création des bijoux pour cette marque que j’ai créé en 2011.

 

Comment es venu l’idée de créer ta propre marque de bijoux ?

Un peu par hasard, j’ai eu une phase pendant laquelle je créais des bijoux pour moi, essentiellement des colliers avec des plumes et des breloques ainsi que quelques bracelets. Un été j’ai fait le tour des festivals avec un ami et on a remarqué que les bijoux plaisaient. J’avais du temps disponible à l’époque et les capacités de le faire (je viens de la communication, du graphisme et j’avais commencé à apprendre à créer des sites web) donc on s’est lancés à la rentrée.


Flibustier comme pirate, peux-tu nous expliquer l’origine de ce nom ?

Il y a une quinzaine d’année j’ai tenté de lancer une marque de T-shirts. On fabriquait, avec mon cousin, nos T-shirts dans la salle de bain de ma mère, c’était très artisanal. On réfléchissait à un nom de marque et comme je lisais beaucoup de livres sur les pirates à l’époque le nom de Flibustier s’est imposé. On trouvait l’univers intéressant et riche. Le business de t-shirt n’a rien donné mais quand j’ai lancé la marque de bijou le nom est revenu et nous a semblé logique. Derrière ce nom se cache un imaginaire riche et varié; un univers fait d’aventures, de trésors et de rencontres.

Vous êtes 3 associés, peux-tu nous décrire votre rencontre  et le rôle de chacun?

Alors on est 4 officiellement, ma soeur nous a rejoint depuis et elle s’occupe de la logistique, du SAV et de l’atelier. Fabien, mon cousin est arrivé dès le début de l’aventure et gère tout l’administratif, les finances et les ressources humaines. Mikaël est arrivé en cours de route, il est directeur commercial et s’occupe également de nos relations avec les célébrités et les influenceurs.

Peux-tu expliquer à mes lecteurs les différentes étapes de la réalisation d’un bijou, du croquis à la fabrication ?

Alors on ne passe pas forcément par la phase croquis. Ça m’arrive de dessiner des idées et des concepts mais assez souvent on passe directement à la modélisation 3D. Comme on travaille tous ensemble c’est assez simple de parler de concepts et de passer immédiatement à la modélisation en trois dimensions. On modélise donc la pièce en 3D qu’on imprime ensuite sur l’une de nos imprimantes 3D afin d’avoir rapidement un objet entre les mains. L’imprimante 3D nous permet d’obtenir des cires qui sont ensuite utilisées par notre fondeur dans le processus traditionnel de la fonte à la cire perdue. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec la bijouterie, c’est un processus où on fabrique un arbre en cire avec au bout de chaque branche une pièce de bijouterie. Cet arbre est placé dans un cylindre dans lequel on coule du plâtre afin de prendre une empreinte. On place ensuite ce cylindre dans un four pour faire durcir le plâtre et pour faire fondre la cire, laissant ainsi une empreinte de l’arbre. Du métal en fusion est coulé dans l’empreinte afin d’obtenir un arbre en métal, réplique exacte de l’arbre de cire. Reste ensuite à dégrapper l’arbre pour récupérer les pièces qui sont envoyées ensuite à la finition: ébavurage, polissage, finitions de surface, etc… C’est un processus long qui nécessite beaucoup d’interventions humaines. Malgré la technologie, cela reste un processus très artisanal.

Où puises-tu ton inspiration ?

L’inspiration peut venir de partout: un univers, un bijou ancien, un style, l’art, le cinema, etc… Et c’est ce qui est passionnant!

Comment se passe la recherche des pierres que tu vas utiliser pour les bijoux ?

C’est un processus long. Au début on utilisait des pierres assez génériques mais en évoluant on a eu de plus en plus envie d’aller soit vers des qualités plus élevées soit vers des pierres de plus en plus rares. On vient de finir une série sur du quartz phantom qui est une pierre magnifique mais on a pu en faire que 10 bracelets. Pour les trouver j’ai au fil du temps dû sourcer mes fournisseurs et comprendre pour quel type de pierres, ils sont bons.

Combien de personnes fabriquent les bijoux ? Tout est réalisé en France ?

À part les pierres qu’on fait venir d’un peu partout dans le monde, l’intégralité de nos bijoux est réalisé en France. Nous réalisons tout dans notre atelier sauf la fonte qu’on fait réaliser par deux fondeurs à Paris et en région parisienne.

Quand tu as une idée, as-tu le réflexe de regarder à la concurrence si ce produit n’a pas déjà été réalisé ?

Pas du tout, même si on subit tous des influences, y compris de la concurrence, l’idée est de toujours rester vrai à son ADN de marque. Tant que je me tiens à cela je me garde de vérifier si la concurrence a déjà sorti quelque chose de similaire.

Réalisez-vous du sur-mesure ?

Bien sûr et cette partie a pris de plus en plus d’importance ces dernières années. Les gens veulent avoir quelque chose d’unique qui reflète ce qu’ils sont ou leurs goûts. Nous avons réalisé des bagues pour des clubs de bikers, ou des associations mais nous réalisons aussi beaucoup de customisations pour les particuliers. Chez Flibustier vous pouvez personnaliser certains modèles à partir de 20€.

Quels sont les produits phares chez Flibustier ?

Les deux articles phares du moment sont les bracelets en pierres fines et les bagues.

Le packaging fait partie de ce qui accompagne le bijou, comment avez-vous choisi les écrins ou les petits sacs ? On dirait une sorte de bourse, esprit pirate aussi ?

On a tout désigné de A à Z donc oui, l’idée était de rester dans l’esprit pirate. On est donc parti sur des bourses en imitation cuir et nous avons choisi un design façon coffre au trésor pour nos boîtes.

Comment pourrais-tu décrire votre clientèle ? Leur style.

C’est de plus en plus varié! Nous avons beaucoup de bikers car nous avons beaucoup de têtes de mort; mais aussi des gens de l’univers de la musique rock et métal et du tatouage. Depuis qu’on a ouvert notre boutique dans le centre de Paris on a aussi élargi cette clientèle, on est même un peu surpris parfois. On a déjà eu des grands mères qui ont exigé des têtes de mort sur leurs bracelets!

Avez-vous déjà fait une collab avec une marque ou un artiste?

On essaye d’en faire le plus souvent possible. On aime beaucoup les concepts de collaboration que ce soit pour faire un bijou ou pour faire un produit qu’on ne sait pas faire. On travaille d’ailleurs sur plusieurs projets de collaboration en ce moment.

Vous étiez au Hellfest cette année, quel produit marche le mieux sur ce genre d’évènement ? Vous aviez fait une série limitée. Comment est né le projet ?

Au Hellfest comme ailleurs c’est le noir qui fonctionne le mieux. Evidemment sur ce genre d’évènement on vend beaucoup de bracelets avec des crânes mais pas que. Les festivaliers du Hellfest sont aussi très souvent ingénieurs ou médecins la semaine et ils veulent pouvoir porter un bijou rock mais pas macabre. Et l’année dernière c’est la bague que nous avons réalisé en série limitée pour le festival qui a été notre plus grand succès. À la suite de notre premier Hellfest on a proposé de faire un bijou spécifique pour eux et ils ont accepté tout de suite. L’idée d’avoir un bijoutier français qui réalise une pièce unique pour un festival français faisait sens. On reçoit des demandes toutes les semaines pour savoir ce que sera le prochain bijou. On a réussi à créer des attentes sur cette collaboration un an et c’est complètement fou!

Vous avez déménagé cette année dans le quartier du Marais à Paris. Pourquoi ce choix ?

Ça s’est fait un peu par hasard. La boutique dans laquelle on est maintenant devait être un magasin éphémère en attendant une autre boutique dans le 11eme mais au final on s’y est plu et on est restés.

Peux-tu m’en dire plus sur le slogan de la marque «Fuck everything and become a Pirate ». ?

L’idée est de lâcher prise, de tout envoyer promener pour vivre une vie d’aventures.

Un peu plus sur vous, il me semble que vous êtes motard. Sur quoi roulez-vous et pourquoi ce choix ?

Depuis peu oui. En fait je suis en 2 roues depuis longtemps mais j’ai passé mon permis moto que récemment. Bien que j’ai commencé à conduire des motos sur le parking de l’office du tourisme du Cap d’Agdes à 3 ans, ma mère a toujours été contre. Elle était infirmière aux urgences et elle voyait des jeunes accidentés tous les mois. J’ai respecté ce choix longtemps mais ca a été plus fort que moi. Je suis en Harley Davidson Sportster qu’on a fait complètement personnalisé aux couleurs de Flibustier. J’ai choisi Harley pour deux raisons la première est que j’ai découvert la moto au Cap d’Agdes qui est depuis toujours un fief Harley-Davidson. Je me souviens me promener le long du port et voir toutes ces motos custom posées devant les bars. La seconde est qu’on fait énormément d’Harley et que de nombreux clients roulent en Harley.

Peux-tu déjà nous dire sur quel événement pourra-t-on vous rencontrez en 2019 ?

Pour 2019 on sera présents à Tours et Morzines pour les événements Harley-Davidson et évidemment au Hellfest. On regarde aussi pour passer au Wheels and Waves mais les organisateurs ne sont pas très réactifs..

As-tu une anecdote à nous raconter, une rencontre improbable liée à Flibustier?

On en a plein mais une des plus mémorables reste la rencontre avec kirk Hammett, légendaire guitariste de Metallica, qui nous a invité à son concert à Bercy. Un moment hallucinant quand on repense à quel point Metallica nous semblait inaccessible quand on les écoutait au Lycée.

Souhaites-tu remercier des personnes qui t’ont aidé dans cette aventure ?

Toute mon équipe et mes associés qui font vivre la société au jour le jour. C’est un classique mais c’est vrai que ce sont eux qui permettent à la marque d’avancer en gardant des standards élevés de qualité et de service client. Julien qui était à l’initiative du projet et qui depuis est parti vogué sur d’autres mers. Et tous ceux que cette aventure nous permet de croiser et partager avec eux des moments incroyables.

Merci Greg, ravi de voir notre ami Carmelo dans la vidéo. 

Photos ; Flibustier et Chazster.

 

 

This article has 1 Comment

  1. Laurent,

    Je me suis commandé une bague dernièrement.

    Le style est très marqué mais très sympa. Je lorgne depuis un moment sur le « jonc tête de mort. Ta photo a fini de me convaincre lol

    GC

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