Quelques jours en BMW S1000RR

Au mois de juillet, j’ai eu le plaisir d’avoir à l’essai une moto qui ne fait pas vraiment partie de la catégorie que je teste habituellement. J’ai récupéré au siège de BMW Motorrad France une S1000RR 2019. La moto la plus sportive de la marque. C’est le genre de moto que je regarde par curiosité mais qui habituellement ne me donne pas envie d’essayer mais là j’avoue qu’elle me tentait bien.  Je n’avais jamais conduit de sportive avant celle-ci. J’avais donc des a priori avec ce genre de moto, principalement sur la position de conduite et l’envie d’aller vite.

Comme à chaque fois que je prends une nouvelle moto, je fais un tour avec la personne qui me met à disposition cette dernière. Ils prennent le temps de m’expliquer ce que je dois savoir avant de prendre la route. Le tableau de bord qui est comme sur la R1250GSA, c’est-à-dire un grand écran TFT, 6,5 pouces. Sur la S1000RR, on retrouve les modes classiques ; pluie, road et dynamic ainsi que le mode race. À part les poignées plus basse, le poste de conduite est le même, les boutons sont presque au même endroit, toujours facilement accessible. Vous pouvez choisir entre l’écran Pure-Ride-Screen réduit à l’essentiel et l’un des trois écrans Core-Ride-Screens, il y a d’autres informations. La molette à gauche est bien pratique pour se déplacer et valider son choix.

Après ce petit tour, j’ai tourné la clé pour mettre le contact, l’écran a affiché RR et rapidement le compteur tour digital. J’ai démarré la moto, le son annonçait l’ambiance. Étonnant que sur une moto à ce prix qu’elle démarre avec une clé. Après, je me suis dit que faire de la piste avec un transpondeur sur soi, il faut trouver où le mettre dans sa combinaison qui n’a généralement pas de poche et sans que ça gêne en cas de chute, bref, il y a une clé.

J’ai positionné mes bouchons d’oreilles et j’ai enfilé mon casque Nexx XG100R, je trouvais que les couleurs allaient bien avec cette bécane. J’ai passé la première et j’ai accéléré doucement. Déjà là, je me suis dit, faut que je maitrise l’embrayage sinon je vais faire un bond. Ensuite, je suis arrivé à la hauteur de la barrière pour sortir du parking et donc j’ai freiné, j’ai à peine appuyé que j’avais déjà mon service trois-pièces sur le réservoir. Pour repartir, j’ai pris les petites routes pour m’habituer à doser, pas question à ce moment d’enlever les assistances électroniques, le mode road était très bien. J’ai cherché sur le retour par rapport au style de route la position la plus confortable. Hors de question d’être droit et prendre tout le vent, hors de question d’être derrière une bulle, allongé sur le réservoir en roulant à 80 km/h. J’ai donc trouvé une position entre les deux qui a été presque ma position sur l’ensemble de mes trajets. Moi qui pensais que j’aurais mal aux poignets et aux cervicales lié à la position de conduite, ce ne fut pas le cas.

Bien entendu, quand on a une moto comme ça, on teste le mode dynamic et on pousse un peu les rapports, on n’hésite pas à utiliser le shifter pro. Cette option permet de passer les vitesses sans embrayer, c’est simple d’utilisation et c’est juste génial. D’ailleurs quand j’ai repris ma nineT, j’ai dû faire 2/3 fois la bêtise avant de me rendre compte qu’il fallait que j’arrête car car la mienne n’est pas équipé et du coup, ça secoue. J’ai pris l’autoroute pour pousser les rapports et me retrouver calé à 130 km/h pour voir comment se comporte la moto si je devais faire 50 kilomètres comme ça. Hé bien, on ne passe pas beaucoup de vitesses pour y arriver. La superbike délivre 207 ch à 13500 tr/min et pèse 193,5 kg. Pour ce qui est du confort, c’est sur que pour faire 50 kilomètres, c’est gérable, si je devais partir en road trip, je ferais en sorte de ne rien avoir sur le dos, j’opterai pour un sac de réservoir et un petit sac sur la selle passager sinon, bonjour le dos le soir.

La vitesse ne m’intéresse pas plus que ça, il existe des circuits pour ça, autant aller sur l’un d’eux et mettre le mode race ou en option Pro Race.  J’avais plus envie de faire des routes de campagne avec des virages assez ouvert. J’ai été me balader du côté de Janvry, je connais dans ce coin des routes pour s’évader sans circulation. Les kilomètres s’enchainaient et j’avais le bon dosage pour le freinage. Elle freine fort et c’est vraiment efficace. Le plus dur avec ce genre de moto sur ces routes est de rester dans les vitesses autorisées et c’était ça qui me faisait le plus peur avec la S1000RR. En plus tout le monde te dit « c’est une tuerie, elle est mortelle, fais gaffe à tes points ». Bref, c’est le genre de mots qui ne font pas parti du langage du motard pour décrire une moto à mon avis. Je dirais que c’est un missile.  L’aiguille monte très vite et comme la position est bien, on ne s’en rend pas bien compte, il faut toujours avec les yeux sur le compteur digital. On peut régler le voyant lumineux qui s’éclaire quand on dépasse un nombre de tr/min. Est-ce qu’on peut rouler raisonnablement avec ce style de moto? Je pense que oui mais elle donne tellement parfois envie d’ouvrir. La sensation quand on tourne la poignée de gaz et que ça part est tellement jouissif que l’on tourne encore un peu, le son n’aide en rien en plus. Bref, pour une conduite sportive, le mieux pour se faire plaisir en toute sécurité et dans la légalité, c’est de rouler sur un circuit. Je n’ai pas testé sur circuit cette moto mais ça doit être énorme. Au passage, on peut retirer facilement les rétroviseurs ainsi que le support de plaque d’immatriculation lorsque l’on fait de la piste, c’est prévu pour.

J’ai été deux fois à Paris avec, je voulais voir si elle était pratique en ville. La moto est juste un enfer pour les petites manœuvres, elle ne braque pas. Le guidon arrive vite en buter, il faut s’y reprendre à plusieurs reprises pour faire un demi-tour. Qu’on soit sur la moto ou à côté, pour se garer, c’est un peu compliqué. Dans la capitale, il y a beaucoup de feux rouges, il faut se mettre au point mort, enfin, le trouver, sur cette moto c’est la misère, à croire qu’elle a été faite que pour la piste et que du coup, on s’en fout du point mort. Les pavés de la Place de la Concorde et l’avenue des Champs-Elysées, ce n’est pas son revêtement préféré.. Quand il y a de la circulation, c’est cool, on peut se faufiler entre les voitures. En ville ou à la campagne, elle rencontre un fort succès, c’est un sujet de conversation au feu rouge. Le levé de pouce est fréquent. Avec cette sportive, même les gars en BMW type RT te disent bonjour. Faut dire que le pack M, la couleur et les jantes en carbon donne un style encore plus racing à la moto. Les projecteurs Led lui rajoutent un regard agressif.

Je pense que la S1000RR est une moto qui s’adresse plutôt à une personne qui fait de la piste ou peu de kilomètre lors d’une sortie. Un(e) motard(e) qui veut avoir une moto qui a du style et qui envoi. Cette  moto a vraiment un look. Sportive et agressive sans être trop futuriste. Les pneus très sport apportent vraiment quelque chose.

Je pense avoir été raisonnable avec cette moto, on n’a pas la même approche de la moto à 41 ans qu’à 20 ans, je ne laisserai pas un gamin de 20 piges au guidon de cette moto en ville. Je ne suis pas certain que ça serait une bonne idée. Par contre pour des personnes avec plus d’expérience, je peux que leur conseiller d’essayer cette moto pour se rendre compte finalement du confort et qu’on peut conduire tout à fait normalement avec cette BMW.

Comme je l’ai eu quatre jours, j’en ai profité pour me balader, j’ai fait très peu de zones urbaines au final car c’est plus sympa la campagne que les bouchons. Je la prenais tôt le matin et après le boulot, j’en ai profité au maximum. Bien entendu, le but était de faire des photos avec des styles différents. Je n’ai pas trouvé dans ma garde-robe de bottes de courses ni de combinaison en cuir mais si je fais de la piste un jour, ça sera mon équipement. J’ai mis différents casques pendant l’essai mais c’est avec le Shoei NXR et le GT Air 2 que j’ai été le plus à l’aise. Il faut dire qu’avec le casque NXR, le champ de vision permet de voir au loin quand on se penche sans pour autant monter le menton afin de ne pas avoir le bord du Pinlock devant les yeux. Autres casques pendant l’essai Bell Eliminator et Schuberth S2 Sport.

 

Configuration du modèle essayé BMW S1000RR : 24410€

Pack M : Parallèlement au coloris iconique Motorsport, aux roues en carbone M, à la batterie M, au siège M, au relevage de l’arrière M et au point de pivot M, le pilote dispose des modes de conduite Pro avec les modes configurables Race Pro 1-3 et des systèmes d’assistance électroniques, comme par exemple DTC +/-Shift, ABS-Settings, Enginemappings, Wheelie et Slide-Control et bien plus encore.

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