Quelques jours en BMW R18 First Edition

La BMW R18, certainement la moto qui à fait le plus parler en 2019 et 2020. Elle a été présenté sous le nom de Concept R18 lors du Concours d’élégance à la Villa d’Este en mai 2019. Le plus gros moteur jamais construit par la marque, 1800cm³. Une moto bien épurée, design sobre. Elle paraît venir d’une autre époque. Forcément, il manque beaucoup de choses d’une moto aux normes actuelles comme les clignotants, les rétroviseurs et la plaque d’immatriculation. Elle plait beaucoup, on se pose tout de même à cette époque la question du tarif de la version finale homologuée. J’avais pu voir la Concept R18 en vrai aux Wheels and Waves en 2019. Elle faisait vraiment énorme. J’avais trop envie de monter dessus.

En octobre 2019, les personnes intéressées moyennant un acompte sans avoir vu la version finale pouvaient la commander. En novembre 2019, un concept 2 R18 est arrivé, ça mit encore un peu de flou. Bref, elle est présentée en avril 2020 dans un look assez différent du concept à part bien entendu le gros moteur 1800 cm³ qui impose. On se doutait bien qu’elle ne serait pas proche du concept mais a priori beaucoup de personnes y ont cru. Du coup, ils ont vraiment du mal avec la version commercialisée aujourd’hui de cette R18 First Edition.

J’ai pu essayer la R18 First Edition quelques jours entre beaux temps, averses et routes mouillées. Comme d’habitude, j’ai fait plein de photos pour alimenter l’article. J’ai été la récupérer au nouveau siège de BMW France le lundi matin. C’était la première fois que je la voyais en vrai. Elle m’a paru énorme, surtout longue. Le tour de la moto avec le réceptionnaire a été rapide car les commandes sont très proches de ma NineT.  Le bouton en plus sur le commodo de droite est le power qu’il faut activer pour la démarrer, on peut garder la clé dans la poche. Cette dernière sert juste pour la trappe à essence si vous avez pris l’option, verrouiller la direction et activer et désactiver l’alarme. Une fois la moto allumée, il suffit d’appuyer sur le bouton rouge pour la démarrer. Je vous conseille soit de la démarrer sur la béquille, soit en ayant les deux mains sur le guidon. Au démarrage, vous allez avoir un gros coup de moteur vers la gauche, ça surprend vraiment les premières fois.

Après avoir mis mon casque et mes gants, je suis partie direction le château de Versailles. Sur les premiers kilomètres, j’ai été le plus prudent possible pour la prendre en main. Une moto de 345 kg à plus de 25000 €, mieux vaut être prudent. Sur les premiers ronds point et les feux rouges, j’y suis allé calmement, j’avais même mis le mode Rain. Au début, j’ai eu du mal avec le sélecteur de vitesse, je n’arrivais pas à rétrograder, le devant de mon pied  butait sur la béquille pourtant je ne chausse que du 41. J’ai pris un bout de la N12 avant de sortir au niveau du camp militaire de Satory, calé à 110 km/h, j’ai pu me rendre compte que j’étais sur un rail. La moto est super stable, la position pour mon gabarit est idéale, genoux et bras bien placés. C’est à ce moment-là que j’ai pensé que la position ressemblait à celle sur une Fat Boy de chez Harley-Davidson. En cette période de Covid19, c’était assez calme devant le château de Versailles, aucun car de touristes, j’ai pu me poser  dix minutes pour faire quelques photos sous le regard de Louis XIV.

Un petit tour dans Versailles puis direction une route que j’avais prise dernièrement quand j’ai en solo le Paris-Versailles en course à pied en septembre dernier. J’avais repéré une route au bord de la forêt pour faire des photos. Manipuler la moto pour la mettre dans la bonne position demande un peu de force mais surtout beaucoup d’attention, pas question de poser bêtement la moto sur un des cylindres. Disons que sur du plat, c’est gérable, en dévers, mieux vaut être prudent. J’ai oublié que j’avais l’option marche arrière, donc j’en ai même pas profité. Il aurait fallu simplement manipuler la commande sur la gauche et jouer avec le bouton rouge start sur le guidon. Pas sûr que ça soit une option très utile. Je préfère mettre 980€ dans autre chose sur cette moto.

Ensuite je me suis dirigé vers Paris en prenant la A86 puis la N118. J’ai mis le mode Roll cette fois-ci, le moteur se comporte différemment, on sent un peu plus de puissance. J’aurai apprécié le régulateur de vitesse (ça existe en option). C’est pratique sur des longs trajets ou tout simplement pour se détendre le bras droit. J’étais très mode cruiser sur cette portion, limite les pieds légèrement sur le côté des reposes pied pour être encore plus détendu. Il y aura une option qui permet de mettre ses jambes au-dessus des cylindres. En arrivant sur Boulogne, il a fallu bien s’approprier le gabarit de la moto pour ne pas toucher un rétro ou surtout un rebord de trottoir en remontant sur les quais de Seine. Pour information, elle fait presque la même largeur que la nineT 865mm contre 864 mm pour la R18. J’adore me balader à Paris à moto, surtout ces derniers temps quand il n’y a personne en semaine et qu’on se croirait un dimanche matin.

Du coup, j’ai fait mon touriste, je me suis posé devant la Tour Eiffel, au bord de la Seine et ensuite place de la Concorde. Pour m’y rendre, je ne vous cache pas que j’ai mis le mode Rock en arrivant sur Boulogne. La moto ne sonne plus pareille et tu le sens bien dans la poignée de gaz, ça ne répond pas pareil. Là, la moto envoie, tu sens bien la puissance. À ne faire qu’en respectant les limitations de vitesse en ville bien entendu et surtout avoir la possibilité d’arrêter cette moto de 345kg. Ne pas le faire sur les pavées qui longent le Palais-Royal par exemple.

Après quelques photos, le temps que les peu de touristes et parisiens regardent la moto et posent des questions. D’ailleurs les deux questions les plus fréquentes sont « mais elle est de quelle année? c’est un modèle de collection? » Elle interpelle. Je suis reparti en prenant la N118 au pont de Sèvres pour remonter vers Vélizy. Je n’ai pas hésité à ouvrir les gaz. Juste énorme la sensation, le gros cruiser qui envoie. Parfois même la sensation de perdre l’arrière. J’avais juste envie de continuer ma route afin de me rendre à Tours pour la journée en prenant les nationales. Malheureusement, j’avais un autre programme l’après-midi.

J’ai repris la moto en soirée pour rouler de nuit et faire quelques photos sur le plateau de Saclay. Effectivement, l’option feux de route Pro est très efficace. J’ai surtout bien aimé quand dans un virage à droite, le phare a éclairé l’intérieur de ce dernier. C’est bien utile. De jour, la signature LED est sympa, des petites moustaches.

Le lendemain, il a plu, ça ne m’intéressait pas de rouler avec cette moto sous des grosses averses. Mais par contre le mercredi du coup, j’ai repris cette R18 sur des routes bien mouillées mais avec un ciel bien bleu et un peu de soleil afin de me rendre dans la vallée de Chevreuse en passant par le plateau de Saclay. J’aime partir du côté ensuite de Saint-Aubin puis Magny les Hameaux direction Dampierre. J’adore à cette période de l’année commencer à sentir l’odeur du feu des cheminées en traversant les petits villages.

Avant de me poser et prendre mon café tranquillement à Dampierre, je me suis descendu les 17 tournants sur une route humide, je peux vous dire que je ne faisais pas mon fier. J’ai roulé tout doucement, mode rain activé et pas d’excès. Je n’aime pas être dans ces conditions, pas rassuré, surtout pas envie de glisser bêtement de l’avant sur des feuilles mortes au milieu de la chaussée.

Je suis reparti ensuite pour me poser 10 min au Vaux de Cernay, l’endroit est juste magnifique. J’ai continué mon chemin sur cette superbe route qu’ils ont regoudronné l’année dernière.  J’avais un peu de mal au début avec cette moto, le temps de prendre mes repères, mais à ce moment-là, je prenais de plus en plus plaisir. Pas mal au dos, la suspension est vraiment agréable. Je n’ai pas trouvé cette moto tape cul. Le freinage est très correct par rapport au poids de la moto.

Un arrêt au niveau de l’étang de Saint-Hubert puis un autre au niveau du château des Mesnuls avant de prendre mon second petit noir au Café de la Poste à Montfort-l’Amaury. Un endroit obligatoire quand je pars me balader dans ce coin avec mon frère. Pendant ce petit arrêt pour me réchauffer, j’ai passé du temps avec des clients « masqués » à discuter finalement debout autour de la moto. Ils ne connaissaient pas ce modèle. Je leur ai fait une démonstration comme un vendeur en concession. J’ai pris l’habitude a priori.

J’ai de nouveau enfourché cette bécane et j’ai pris la N12 en mode Roll pour rentrer chez moi. Certes, je n’étais pas protégé du vent mais j’étais bien, comme je disais plus haut, il manquait le régulateur de vitesse. J’ai fait un peu plus de 220 km avant de tomber en réserve. Dommage que l’affichage est comme sur la nineT, il y a un décompte, je préférai l’autonomie restante comme sur une R1250GS.

Avant de la rendre le jeudi matin, j’ai été faire un petit tour dans le bois à côté de chez moi pour avoir un peu de couleur d’automne et surtout sentir l’odeur de la forêt le matin après la pluie. J’en ai profité pour faire mes dernières photos. J’ai restitué la moto en me disant que j’aurai bien aimé encore en profiter et partir sur une plus longue distance. La prochaine fois.

Pendant l’essai, j’ai eu des messages privés de gens qui adoraient et d’autres qui n’aimaient pas du tout cette R18. Je dirai que chacun son style et il en faut pour tous les goûts. Je pense qu’il faut arrêter de croire que cette moto ressemblerait à 100% dans sa version commerciale au concept. Il a juste servi d’inspiration et à prendre la température. Beaucoup de personnes essayent aussi de comparer cette moto à une Harley-Davidson. Si je devais aussi la comparer à un modèle de la marque américaine, je partirai sur le Fat Boy 114. Mais ça s’arrêterait pour moi à la position de conduite car c’est vraiment deux motos bien différentes. Les sensations ne sont pas les mêmes. Des préparateurs comme Tank Machine se lancent sur la R18 pour lui donner un style peut-être proche du concept ou pas du tout. Si vous avez déjà vu le travail de Clément, vous pouvez être sûr d’avoir quelque chose de badass. Bien entendu, une préparation s’ajoute au prix de la moto mais c’est comme souvent le cas avec une Harley-Davidson ou une Indian.

Il y a une très belle bagagerie BMW Motorrad X Bleu de Chauffe en édition limitée pour ce modèle en cuir ou en toile qui est sorti cette semaine. Dans les options  à la commande, vous pouvez avoir le kit passager, changer de guidon, modifier les tailles de roues, remplacer des accessoires esthétiques, bulles et échappements. Attention, certains produits seront disponibles courant 2021.

Pour conclure, j’ai vraiment apprécié cet essai, j’ai été surpris au début, j’avais un peu de mal à la prendre en main puis après quelques kilomètres et plus d’assurance, j’ai commencé à prendre du plaisir. Niveau look, je l’aime bien, il y a forcément des choses à modifier pour la rendre unique sans forcément chercher à se rapprocher du Concept R18 même s’ il y a des choses à prendre ou plutôt à retirer. En tout cas, la finition est au rendez-vous.

Voici le lien pour configurer une BMW R18 First Edition : configurateur.bmw-motorrad.fr

 

This article has 7 Comments

  1. Bonjour Laurent,
    Merci pour ton retour sur cet essai. Après avoir commandé la mienne en octobre 2019, je suis allé la récupérer il y 3 semaines. J’ai toujours été fan du boxer, et c’est essentiellement pour cela que je l’ai acheté. Ce moteur, dans cette configuration et le couple présent est épatant !
    Il me tarde vraiment de voir des accessoires et des préparations, pour pouvoir la personnaliser. J’également apprécié le coffret offert par BMW aux acquéreurs, permettant notamment de personnaliser les logos sur le réservoir et le moteur.
    Voilà, merci encore, au plaisir de se croiser ! 🤙

    1. Bonjour Alexandre. Tu fais donc parti des personnes qui on commandé en prenant le risque. Finalement, tu es ravis. J’ai vu le beau coffret en photo effectivement. Je pensais qu’il était réservé qu’aux pré-commandes. Suis moi sur Instagram en me tanguant pour que je te suive avec ta R18. Bonne route. Laurent

  2. Bonjour Laurent,

    Merci pour cet essai !

    Bien que je fasse partie de ceux qui s’attendaient à quelque chose de plus proche du prototype, je trouve qu’elle dégage quelque chose. Clairement je n’achèterais pas ce genre de bécane mais serais content d’en croiser d’en la rue et de voir ce que les gens en font (préparations). Avec le temps je me surprends aussi à aimer des choses « décalées » que je n’aimais pas du tout avant, comme la R1200C ou la K1 pour rester sur des modèles BMW. Maintenant ce que l’on attend tous de voir : Est-ce que ce moulin va voir d’autres plateformes ou déclinaisons ?
    Sinon, comme à l’accoutumée, superbes photos !

    Au plaisir,

    Clément

  3. Salut Laurent. Pour ma part jai été déçu par la finition, les caches culbus en tôle chromée sont trop clinquants, et des plastiques certes bien ajustés mais indigne dune moto de cette catégorie. De l’aluminium poli eut été plus en rapport avec le standing de la bête. Pour le reste je suis entièrement d’accord avec toi, bel essai.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.