Mon expérience flat track en Ducati Scrambler 400

Dans cet article, je vais vous raconter ma première expérience en Flat Track.

Tout a commencé vers le mois de mai quand Ducati France m’a proposé une initiation au Flat Track sur un Scrambler 400, qui avait lieu juste après l’événement El Rollo de San Sebastien pendant le Wheels and Waves. Suivant régulièrement la scène française et Internationale sur les réseaux sociaux, je me suis dit que ce pouvait être intéressant de me retrouver sur le circuit ovale, d’essayer de glisser un peu. J’ai donc répondu par l’affirmative à la proposition.

©Laurent Nivalle

Pour l’occasion, j’avais prévu tout l’équipement : sous-vêtement en Kevlar Bowtex — haut et bas avec les protections amovibles D3O au niveau des genoux, hanches, coudes et dorsales. Un pantalon et une veste Helstons en jean, doublée Kevlar pour cette dernière. Équipé ainsi, en cas de chute, c’eût été difficile de se brûler les zones à risques. J’ai complété mon matériel avec les bottes Stylmartin Continental, mon casque Bell Moto 3 et des gants en cuir Furygan D3O. Il ne fallait pas négliger les protections même si je n’avais pas l’intention d’aller très vite mais plutôt  rester prudent. Avec le matos cité ci-dessus, j’en profite c’est vrai pour faire un peu de promo, concernant les derniers articles parus sur Chazster.

©Laurent Nivalle

Juste avant l’initiation, j’ai pu m’entretenir avec le designer de la nouvelle Ducati Scrambler 1100,  Jérémy Faraud. Ça tombait bien, j’avais essayé cette moto la veille mais je vous relaterai tout ça dans un autre article. Jérémy Faraud est un designer français qui vit à Bologne. Il m’a dit : « Quand Ducati lance un nouveau projet, les designers font des propositions et celui qui s’approche le plus du plan, rafle la mise et conçoit ensuite le design-moto de A à Z. ». En discutant avec lui, j’ai ressenti la passion, une personne sans prétention, simple et accessible.

©Laurent Nivalle

Revenons-en à mon expérience au Flat. Nous étions à peu près 20 personnes, hommes et femmes confondus à profiter de cette initiation. Nos instructeurs étaient des pilotes de Flat Track aux noms de Zoé David et Franck Chathokine. Pendant plus de 15 minutes, ils nous ont expliqué les règles de la piste : drapeaux, techniques, et surtout des choses à ne pas faire pour ne pas se mettre en danger. Par exemple, si la moto venait à trop glisser, il ne fallait surtout pas couper les gaz sinon high-side direct. Franchement, ils ont dû nous le répéter à eux deux, plus de quinze fois. Du coup, ça m’obsédait, j’avais du mal à comprendre et ne voulais vraiment pas subir l’effet.

©Laurent Nivalle
©Laurent Nivalle
©Laurent Nivalle

©Luc Weets

Par chance, je connaissais la Ducati Scrambler 400 que j’avais eu à l’essai. J’en avais bien entendu profité pour la tester à l’époque sur route et off-road. La seule différence notoire avec le modèle sur lequel j’avais roulé au préalable, était le frein avant qui est retiré dans le cas de cette discipline. Je ne vous cache pas que j’avais deux doigts qui cherchaient régulièrement le levier.

Nous avons donc commencé à rouler sur la piste par groupe de 8. Pour débuter l’immersion au Flat, nous avions le choix d’effectuer les tours en première ou seconde. Pour ma part, j’ai accompli six tours en première. Les deux premiers en y allant doucement, afin de me familiariser avec l’adhérence pneus sur la terre. Il fallait faire attention car il y avait eu des courses tout au long de la journée, et il y avait pas mal d’ornières creusées à certains endroits de la piste. Au bout du troisième tour, je commençais à sortir le pied, et par moments, à chasser de l’arrière. Il fallait vraiment faire gaffe car contrairement aux vrais pilotes de Flat Track qui ont des semelles en acier amovible sous la botte — côté intérieur de l’ovale —, moi j’avais des crampons et c’était pas top au niveau des appuis. Si je posais trop mon pied, je pouvais accrocher et me retrouver la godasse en arrière. C’est d’ailleurs arrivé une fois, on le voit sur la photo ci-dessous. Donc j’y allais doucement avec cette notion d’équilibre. Après cette prise de contact, nous avons fait un point avec Franck et Zoé pour se remémorer quelques consignes et qu’ils nous apportent des conseils ; la hauteur des coudes, le dosage du filet de gaz, le regard.

©Laurent Nivalle
www.laurentnivalle.fr

Pour la deuxième série de 6 tours, j’ai choisi d’être en seconde. J’y suis resté jusqu’à ce que j’arrive en bout de première ligne droite — sans oublier que je n’avais pas de frein avant et que si je freinais trop fort de la roue arrière, je partirai de travers. Je maîtrisais donc ma vitesse pour aborder le prochain virage, la moto allait se mettre légèrement en glisse pour mon cas. Même si j’ai eu la sensation d’aller vite, ce n’était rien comparé aux pilotes de l’après-midi. C’est lors de ce moment sur la piste que je me suis rendu compte du degré de folie de ces mecs, en recherche totale d’adrénaline et de sensations fortes. Quant à moi, plus j’enchaînais les tours plus je me sentais bien. J’avais un bon speed, je glissais léger et découvrais les sensations, bref, j’étais au taquet.

©Laurent Nivalle

Nous nous sommes de nouveau arrêtés pour débriefer nos premiers tours et comprendre ce qui n’allait pas pour certains. Le niveau du groupe était éclectique, quatre participants se démarquaient, les autres tournant tranquille. Le but était de se faire plaisir en mode découverte de la discipline et ne pas se blesser. Il y avait un second groupe qui observait attentivement nos manœuvres, en se projetant à notre place.

Franck nous a proposé de faire une mini-course de quatre tours pour le fun, sans pression. On a répondu OK, mais en effet, sans pression.

©Laurent Nivalle
©Laurent Nivalle
©Laurent Nivalle

Il a positionné quatre “pilotes“ sur la première ligne et quatre derrière. Je me suis retrouvé sur la première ligne à l’intérieur de l’ovale. À cet endroit-là, si je gérais bien mon virage, je pouvais me retrouver en tête. On s’est chauffé un peu avec les autres pilotes et le départ a été donné. Je me suis retrouvé devant dès le premier virage. À la sortie de celui-ci, j’ai accéléré, la moto est partie léger en glissade, mais ça va, je négociais. Puis j’ai remis les gaz mais un poil trop fort. Ma roue arrière a chassé. J’ai senti ma roue avant dans une ornière et ma roue arrière, encore elle, est venue se coller dans une autre cuve. J’ai dû décider fissa en coupant les gaz au lieu d’en remettre et là…

L’amortisseur s’est comprimé, ce qui m’a fait voler. Je me suis vu passer par-dessus le guidon que j’ai tourné dans l’autre sens par réflexe, mais mes guiboles ne touchaient plus les repose-pieds. Éjecté, même si ça allait grave vite, j’ai vu que j’allais heurter le sol. J’ai juste eu le temps de mettre mon poignet et mon épaule gauches en rempart pour protéger ma tête. Je me la suis joué le mec qui fait une roulade et va se relever comme sur un tapis de gymnaste. Par chance, mon casque n’a pas subi l’impact. Je me suis relevé comme si de rien. Mon premier réflexe a été de me mettre sur le côté car il y avait du monde derrière moi pour ensuite examiner la moto. Quelle merde. J’avais enfoncé le guidon dans le réservoir et cassé le sélecteur de vitesses. J’étais couvert de poussières. Je ressentais en même temps une grande douleur au poignet et à l’épaule. Je pense que les épais bracelets métalliques n’ont rien arrangé à l’affaire. Concernant l’épaule, si j’avais porté des protections amovibles souples, j’aurais peut-être pu réduire l’impact. Beaucoup m’ont dit de par leur expérience, qu’au regard de la gamelle ça n’eût pas changé grand-chose.

La Croix-Rouge espagnole m’a pris en charge. Peu après je me suis senti mal, mais la Team Ducati France m’a vraiment aidé dans cette situation galère.

J’étais dégouté d’avoir plombé l’ambiance pour le deuxième groupe. De plus, j’avais endommagé une moto et me demandais comment j’allais rentrer sur Biarritz puis remonter ensuite sur Paris. À Biarritz, j’ai été aux urgences de la clinique. Le verdict post-examens a donné une luxation acromio-claviculaire Stade 3, que j’ai fait opérer par la suite en me faisant greffer un ligament artificiel. J’avais également une fracture au poignet et une côté fêlée. Par chance, le scaphoïde n’a pas été touché. Ce fut donc une addition très salée pour une putain de coupure de gaz.

Bon, avec un peu d’organisation, l’équipe SW-Motech France m’a aidé à remonter sur Paname, ce qui m’a beaucoup soulagé, sinon c’eût été très compliqué sans leur(s) soutien(s).

Ce que je retiens de mon initiation au Flat Track :

Le Flat Track est vraiment cool mais très technique. Cela représente, ravive un peu d’ailleurs, l’esprit des premières courses entre Harley-Davidson et Indian. Après avoir vécu cette expérience et en voyant ô combien certains pilotes sont engagés sur les pistes, je me dis que ce sont des fous-furieux. L’accident peut vite arriver. Malheureusement, en France, il y a très peu d’endroits pour s’entrainer entre deux compétitions dû au manque d’infrastructure, seulement 6 circuits en France.

Dans tous les cas, je trouve génial que Ducati propose ce genre d’expérience sur des évènements et autres festivals. De plus, c’est ouvert à tous. Je vous conseille donc d’essayer le Flat Track, rien que pour la sensation qui est vraiment top.

Aujourd’hui, ça va nettement mieux. Deux mois après ma mésaventure et à l’heure où je termine ces lignes, j’ai déjà repris boulot, MOTO et sport. Encore quelques douleurs à l’épaule et au poignet mais c’est sur la voie de la guérison.

Merci à Laurent Nivalle pour les photos www.laurentnivalle.fr

L’autre série de photos par Luc Weets, merci aussi.

Plus d’informations sur les Scrambler Ducati https://scramblerducati.com

Merci Olivier.

This article has 7 Comments

  1. Merci pour avoir courageusement et objectivement raconté ta saga!
    J’ai joué au Rugby 10 ans et au Football Américain 8 ans (créateur du club de Tours) et je connais les blessures mais la passion moto (que je partage) est plus dure en terme d’addition: C’est tout ou rien!
    Cordialement – GG

  2. Ohlala! Moi je dis c’est beau ça, un blogueur qui est capable de faire don de son corps pour alimenter nos articles préférés! 😉
    Bon courage pour la fin de ton rétablissement! L’essentiel c’est que tu n’es pas de séquelles gênantes. Et ne t’inquiète pas, tu n’es pas obligé de te casser d’autres os pour que nous apprécions te lire!
    Motardement.

  3. la phase avant l expérience c est l apprentissage, mais quant on aime, on scrap l apprentissage, perso, je serai aussi passé directement a l expérience

  4. Je pense que tu as fait une chute volontaire. 😉

    Les cicatrices ça fait viril!

    Plus sérieusement courage, la clavicule en moto c’est un « classique », et ça fait dérouiller.

    GC

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